Spécialiste des formations
en alimentation et productions animales

La gestion des DATA, de nouvelles perspectives pour les productions animales

Le 24 juin 2019 à 8:46

Le 7 juin dernier, l’AFTAA a organisé une session consacrée aux Data pour l’alimentation animale. « Comment passer de l’illusion d’aujourd’hui aux vraies opportunités. L’occasion de partager l’expérience de fabricants d’aliments, d’éleveurs et de plateformes de données.

« La révolution technologique s’accélère considérablement », a constaté Lilian Leloutre, manager du pôle R&D de Techna France Nutrition. Les filières agricoles représentent un flux d’informations multiples dont l’éleveur et l’animal sont le noyau. De quoi parle-t-on exactement ? « La data est une information générée sous différentes formes qui est collectée et stockée », rappelle Axel Grandet d’Exakis. Les nouvelles technologies font que la data est très diversifiée.

La valeur ajoutée réside dans l’interprétation des données

La démultiplication et la massification des données, le big data, ont complexifié la valorisation de ces informations. Les enjeux résident plus que jamais dans l’identification des data utiles dans un volume énorme de stockage et d’interpréter celles-ci. « La collecte de data n’est pas en elle-même une difficulté technologique », affirme Lilian Leloutre. Les moyens de collecte de données sont nombreux et divers, de nouvelles générations de capteurs d’informations voient le jour. Pour Xavier Wagner, directeur général d’Applifarm, plate-forme de partages des données, « organiser les données est déjà considéré comme apporter une valeur ajoutée ». La véritable valeur ajoutée réside dans l’interprétation des données et la création d’une offre de services intégrée dans la stratégie d’entreprise.

Un outil d’aide à la décision, le terrain reste incontournable

Le potentiel est immense : 90 % des données collectées en élevages ne sont pas analysées… La digitalisation des élevages ouvre de nombreuses perspectives, comme l’a souligné Gaël Peslerbe, de la start up Le Cube, qui propose des services personnalisés aux éleveurs en valorisant les données collectées sur leurs exploitations. « Des données précises sont collectées en temps réel, ce qui nous connecte à la réalité quotidienne de l’éleveur. Leur interprétation permet de comparer les résultats à ses objectifs, d’anticiper et de lui proposer la bonne action au bon moment ». La donnée ne fait pas tout, l’une des erreurs serait de s’éloigner du terrain. Le digital n’est qu’un outil d’aide à la décision, « nos équipes ont toute leur place en élevage ».

Acquérir de nouvelles compétences

Les technico-commerciaux devront acquérir de nouvelles compétences, ce qui nécessite que la formation et l’organisation commerciale des entreprises évoluent. Le digital offre l’opportunité de faire évoluer la relation client-éleveur et d’accompagner l’éleveur dans l’optimisation de son entreprise. « Des éleveurs sont prêts à investir dans de nouveaux services pour se concentrer sur leur véritable métier ». La digitalisation des élevages est l’occasion de distinguer le service du produit et de le valoriser à sa juste valeur.

Fidéliser les clients avec de nouveaux services

Pierre Lanckriet, éleveur de poulettes et pondeuses, et fondateur du couvoir homonyme en chair et ponte alternatifs a témoigné des enjeux pour sa société de la valorisation des nombreuses données collectées, du nombre de volailles à la consommation d’eau, le nombre d’œufs, la vaccination, la gestion des ordonnances vétérinaires ou des bons de livraison…. L’exploitation des data lui ont permis de fidéliser ses clients et de leur apporter un service concret leur permettant d’optimiser leurs élevages par une meilleure connaissance. « Notre système concrétise et démontre la qualité des résultats techniques en direct, des messages les alertent en cas de déviation par rapport aux objectifs définis ». Cette exploitation des données est aussi valorisée par la mise en place d’essais qui peuvent être réalisés sur le long terme. « C’est un nouveau support de communication avec les clients, un service réactif qui associe la démonstration des résultats et leur analyse ».

Les blockchains pour rassurer le consommateur

Le partage des données est aussi exploité en réponse aux attentes des consommateurs telles que la traçabilité, la transparence ou la preuve. La grande distribution est déjà actrice, avec la mise en œuvre de blockchains qui renforcent la transparence de la production à la mise en linéaires. La difficulté sera de gérer la multiplication de ces blockchains, notamment au niveau des industriels de l’agro-alimentaire. « Avec le partage de données, nous passons du système d’audits ponctuels à celui de monitoring », constate Xavier Wagner. « Le conseil acquiert une nouvelle dimension préventive ».

Loïc Doumalin

Partager l'article :

venenatis, nec dolor. dolor libero efficitur. ut luctus