Spécialiste des formations
en alimentation et productions animales
02
Mars
Le transport des aliments affine ses solutions
Compte rendu

La journée AFTAA du 2 mars passait en revue quatre des évolutions majeures de la logistique et du transport des aliments pour animaux :

  • la biosécurité : elle comporte deux axes : les mesures de biosécurité physiques (mesures matérielles) et la biosécurité fonctionnelle (mesures de gestion). A l’heure de l’influenza aviaire, le transport des aliments doit bien prendre en compte le risque que le camion d’aliments, au même titre que tous les intervenants en élevage (camions de livraison et d’enlèvement des animaux, personnes entrant dans l’élevage…) soit contaminé dans un élevage et, faisant le lien entre plusieurs « compartiments de biosécurité » (autres élevages), ne transporte des contaminants (virus ou bactéries).
  • la sécurité physique des livraisons : les syndicats de la nutrition animale proposent un kit complet de formation à destination des chauffeurs mais aussi des éleveurs, kit qu’une entreprise comme Huttepain aliments s’est approprié pour son propre plan de formation et ses relations avec les éleveurs (signature du protocole de sécurité)
  • l’évolution du cahier des charges Qualimat transport qui intègre désormais le maillon livraison en élevage alors qu’il était auparavant centré sur l’amont de l’usine et la qualité de ses matières premières.
  • l’optimisation de la logistique avec deux exemples concrets : Nealia s’est engagé dans un projet « supply chain » sur trois ans et est déjà parvenu, en moins de 18 mois, à réaliser 75% de son objectif (600 000 € d’économies réalisées par l’optimisation), Logivia massifie les flux de ses actionnaires coopératives en agissant comme un véritable opérateur de transport grâce à la mutualisation.

La biosécurité passe aussi par le camion :  Bruno Toussaint  Snia Nous évoluons dans un contexte sanitaire complexe : il est nécessaire d’identifier les risques sanitaires qui pèsent sur les filières animales pour s’en prémunir. La biosécurité repose avant tout sur le bon sens : ségrégation des compartiments (chaque troupeau est une unité épidémiologique qui exige des barrières sanitaires), nettoyage et désinfection validées. La biosécurité est l’affaire de tous : en premier lieu, l’éleveur est garant de la qualité sanitaire de ses animaux. Et tous les intervenants de l’élevage (fabricants d’aliments mais aussi transporteurs des animaux, vétérinaires, techniciens de groupements…) doivent l’aider à maintenir cette sécurité sanitaire.
Que ce soit pour la gestion des salmonelles ou celle des virus comme l’influenza aviaire, il est important de bien connaître les différents intervenants et leurs pratiques (exemple du plan de circulation obligatoire dans l’élevage) pour prendre les bonnes options.

Morgan Balin (Snia), Michel Dochez  (Coop de France Nutrition Animale) Constatant la récurrence d’accidents (risque électrique, chute…), les syndicats français de la nutrition animale et leur commission logistique se sont saisi de la question de la sécurité des livraisons d’aliments en élevage en complément des initiatives déjà engagées par des fabricants d’aliments et par certaines associations régionales de fabricants d’aliments afin de proposer un kit complet de sensibilité à la sécurité des livraisons comprenant : un film de sensibilisation, une plaquette destinée aux éleveurs et un diaporama destiné aux chauffeurs. Après un an, les entreprises s’en sont servi pour diffuser les plaquettes vers les éleveurs via le courrier ou les TC et former leurs chauffeurs, notamment d’instaurer des échanges au sein de l’entreprise. Cela s’inscrit dans un travail de longue haleine pour sensibiliser non seulement les opérateurs, les éleveurs n’ont ainsi pas encore tous signé leur protocole de sécurité, que les organisations d’éleveurs, les transporteurs etc.

Jean-Yves Hardy et Valérie Rodriguez (Huttepain Aliments)

L’entreprise utilise le kit proposé par les syndicats pour renforcer ses propres actions de sécurité, engagées depuis plusieurs années. Cette mallette pédagogique a permis de former les chauffeurs et remettre à jour les protocoles de sécurité avec les éleveurs.

Vincent Le Moine (Groupe Avril, Qualimat)

Le cahier des charges Qualimat version 6, édité début 2016 est un héritier de 20 ans de travail sur la qualité des matières premières. Dans le projet de la reconnaissance mutuelle du cahier des charges Oqualim par ses homologues européens, l’association a proposé une certification des transports d’aliments (livraison en élevage) sur la base et en s’inspirant sur ce qui a été fait depuis 2001 sur les matières premières. Cette version est en seconde année, elle sera consolidée en fonction des retours d’expérience et s’attachera à un sujet plus qu’émergent, la biosécurité.

Table ronde : Christian Blais (Tsci groupe Vrac +) et Anne Sophie Loizeau (transports Pressac)

Les camions de livraison d’aliments sont profondément différents des bennes de transport des matières premières et auraient pu bénéficier d’un cahier des charges spécifiques mais Qualimat a choisi de n’avoir qu’un cahier des charges indiquant les spécificités de ces véhicules. Pour les transporteurs comme les carrossiers, qui proposent de participer aux futures réunions d’élaboration et d’évolution du cahier des charges, il est important de disposer d’un temps réel d’adaptation même s’ils avaient anticipé sur l’arrivée de ce cahier des charges. Il reste des questions pratiques à traiter comme le nettoyage (à valider techniquement).

Patrick Remy (Nealia)

Nealia s’est engagé il y a 18 mois dans un grand projet supply chain sur trois ans. L’entreprise est déjà parvenue à atteindre 75% des objectifs qu’elle s’était fixé sur ce projet. Nous constations des pertes logistiques malgré des retours satisfaisants. De nombreux points d’amélioration ont été identifiés avec les chauffeurs en retour de tournées. Les deux principaux leviers sont de rapprocher les usines des clients en analysant comment produire l’aliment demandé dans l’usine la plus proche de l’élevage et de réduire le ratio km/tonnes dans une région très vaste.

Sylvain Baudry (Logivia) 

la maturité de la chaine logistique en nutrition animale dépasse la seule suppression des kilomètres à vide. Logivia, société récente, a pu naître en juillet 2016 grâce à la confiance des acteurs impliqués dans la logistique, les coopératives agricoles de la grande région de Paca, Bourgogne/franche comté, Rhône alpes après trois ans d’analyse de l’ensemble de leurs flux, au delà de la seule nutrition animale. Elles ont pris le pari de créer un cluster logistique. Nous faisons travailler un tissu de transporteurs locaux : en réfléchissant sur l’ensemble des flux, nous ne sommes pas sur le moins disant mais sur le mieux disant pour arriver à créer et redistribuer en final aux agriculteurs la valeur qu’on peut tirer de cette massification des flux.


Présentation de la journée
Bruno Toussaint
Morgan Balin et Michel Dochez
Jean-Yves Hardy et Valérie Rodriguez (Huttepain Aliments)
Vincent Le Moine (Groupe Avril, Qualimat)
Table ronde : Christian Blais (Tsci groupe Vrac +) et Anne Sophie Loizeau (transports Pressac)
Patrick Remy (Nealia)
Sylvain Baudry (Logivia) 
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