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22
Novembre
Journée Vaches Laitières 2018. Bien-être animal Nutrition Gestion Economie. 10ème Journée Ferenc SEMPTEY 
Compte rendu

Aftaa – session vaches laitières – jeudi 22 novembre 2018

 

Bien-être, nutrition, traite robotisée, économie des filières…

Comme chaque année à l’automne, l’Aftaa organisait sa session Vaches laitières le 22 novembre à Paris. Le programme couvrait tant des aspects techniques qu’économiques ce qui fait le succès de la journée.

 

Pour Luc Mounier (coordinateur Centre du Bien être animal et profession à VetAgroSup) le bien-être animal est un des éléments incontournables de l’élevage d’aujourd’hui comme de demain. L’éleveur doit s’appuyer sur l’étude du comportement des animaux : une vache qui se cogne la tête chaque fois qu’elle se lève ou qui n’a pas accès à l’abreuvoir car les dominantes l’en empêchent doit être identifiée et des solutions mises en oeuvre. Améliorer le bien-être animal a d’ailleurs des répercussions positive sur l’éleveur et sur ses conseillers, notamment vétérinaire pointe Pierre Kirsch (président de l’association Happy Vet).

L’élevage bovin bénéficie cette année du nouveau système Systali de l’Inra pour le calcul des rations. Après plusieurs années de conception et de finalisation, les équations et les valeurs sont disponibles depuis le début de l’année en anglais et bientôt en français explique Philippe Faverdin (Inra). La mise en application dans des cas concrets montre l’intérêt du nouveau système pour expliquer certaines situations et affiner les apports. Olivier Veron (Littoral Normand) et Yvelyse Mathieu (nutritionniste bovins Seenovia) montrent d’ailleurs des éléments pratiques : le nouvel outil de rationnement développé avec l’Inra qui va se déployer l’an prochain, et  le besoin en données chimiques de base pour alimenter le moteur : exit notamment les pdi au profit des valeurs qui ont aidé à les construire.

Parmi les évolutions notables des élevages laitiers figurent les robots de traite. Gwenn Guillou (analyste chez Cogedis) montre que les robots induisent sans surprise des surcoûts mais permettent également d’améliorer la productivité, que ce soit par vache laitière, par surface fourragère et par UTH. Les éleveurs équipés disposent également de beaucoup plus de donnée sur leur élevage qu’ils doivent prendre le temps de bien analyser et, ainsi, améliorer encore leur efficacité.

Du côté des pays producteurs, Christophe Perrot (Idele), qui a effectué un voyage d’étude en Nouvelle Zélande, en montre toutes les forces mais également les faiblesses, notamment l’extrême dépendance aux exportations (95% des ventes). Les deux iles ont connu une dynamique très différente avec, historiquement, des implantations plus anciennes dans le Nord. Outre les particularités climatiques qui permettent d’assurer un élevage à l’herbe, la structure économique même des exploitations montre une forte capitalisation avec une séparation croissante entre les fonctions de « propriétaires » et de « chefs d’exploitation » ainsi qu’un fort turn over dans les trayeurs notamment.

Enfin, Benoit Rouyer (Cniel) pointe les particularités de la filière laitière française avec à la fois le poids des filières qualité (10,3% de la collecte en AOP, 0,9% en IGP , 2,6% en Bio et 0,6% en Produit de montagne) et la présence internationale, 5 groupes français se trouvant dans les 30 groupes laitiers mondiaux qui réalisent plus de 3 milliards d’euros de CA.  Avec 23,9 milliards de litres collectés en France l’an passé, l’Hexagone est encore loin des plus hauts rappelant qu’en 1984, avant les quotas, la collecte dépassait les 25 milliards de litres. Le nombre d’exploitations laitières livrant du lait a été divisé par 5 depuis trente ans, la collecte moyenne ayant été multipliée par 5 durant la même période.


Luc Mounier
Gwen Guillou
Pierre Kirsch
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