Spécialiste des formations
en alimentation et productions animales
03
Décembre
Session Matières Premières 2014
Compte rendu

Journée AFTAA – 30ème édition de la Journée Claude Thieulin – mercredi 3 décembre 2014

 

Céréales : ne pas sous-estimer la nutrition animale

Le marché à terme du blé meunier ne reflète pas la réalité du terrain estime Alain Caekaert de Vivescia. Il parle de la rétention des marchandises chez les agriculteurs du monde entier (la situation financière des agriculteurs d’Amérique du nord leur permet de « s’asseoir sur leur tas » si le prix ne leur convient pas) comme des difficultés logistiques ou stratégiques (la hausse modeste du disponible exportable en blé de la Mer Noire), mais aussi de la bonne analyse de tous les segments. « On a coutume de sous estimer l’importance de l’alimentation animale sur l’équilibre du marché des céréales » pointe t il à titre d’exemple. Ces différents éléments peuvent expliquer certains mouvements comme le vent de panique qu’a connu le marché en septembre avant de reprendre de la fermeté. Pour lui, l’alimentation animale sera clairement le driver de la seconde partie de campagne.

 

Co-produits de la biscuiterie : un gisement qui s’organise

Le comité national des coproduits a lancé son programme 2014/2016 autour de la valorisation de ses travaux et l’amélioration de la connaissance nutritionnelle des coproduits, notamment ceux de la biscuiterie-boulangerie. Ce marché a tendance à se professionnaliser comme l’explique Xavier Cros, directeur d’Apeval (joint venture entre l’espagnol Promic et Akiolis). Sur les 200 000 t de coproduits de cette filière collectés en France, une moitié part à l’étranger, notamment au Sud des Pyrénées. Le reste est valorisé pour moitié directement dans les élevages et pour moitié chez les fabricants industriels d’aliments.

 

Co-produits de l’amidonnerie :

Les 24 entreprises (78 usines) européennes de l’amidonnerie-féculerie regroupées au sein de Starch Europe regroupent 95% de la production d’amidon européenne. Avec plus de 15600 salariés, ils transforment 22,5 Mt de matières premières agricoles (16Mt de céréales et 6,5 Mt de pommes de terre) pour produire 10 Mt d’amidon. 25% des capacités mondiales sont installées en Europe. La France concentre un quart des capacités européennes. La part protéique des coproduits d’amidonnerie fait que le ratio soja/blé fourrager est le premier indicateur de l’intérêt de ces coproduits en nutrition animale.

 

Accords bilatéraux :

Mettre ici la vidéo de Houssein Guimbard

 

Houssein Guimbart pointe certaines différences de taille dans la perception de l’agriculture des deux côtés de l’Atlantique, il existe par exemple des droits d’entrée supérieurs dans l’UE car la protection aux USA ne passe pas uniquement par les droits de douanes.

 

Table ronde : La crise dans les filières animales

La perte de compétitivité et la déprise agricole objectivement identifiées en France ne sont pas irréversibles. L’indicateur de compétitivité est cependant peu encourageant. La filière porcine, même si elle est toujours en troisième position européenne, montre un retard d’investissement et de structuration tant que l’élevage que dans l’abattage. Le modèle allemand n’est cependant pas aussi solide qu’on l’imagine. Et certains autres pays pourraient bien tirer leur épingle du jeu comme l’Italie. Sur le secteur de la volaille, Belgique et Pays Bas lorgnent sur notre marché et ont déjà bien avancé leurs pions, notamment sur les segments RHF et premier prix.  Même la filière laitière enregistre un retard à l’allumage. Les enjeux pour les filières animales sont de trois ordres : contenir les assauts des concurrents européens, regagner de la valeur ajoutée pour moderniser les élevages comme les outils industriels et s’adapter aux demandes des clients, qu’il s’agisse du marché intérieur ou des marchés à l’exportation.

 

Vigie Matières premières – mardi 2 décembre 2014

 

Cette année, le programme de la journée Vigie Matières Premières, centré sur les protéines a permis de faire le point sur le marché du soja, tant graines que tourteaux, mais aussi sur de nouveaux marchés en devenir comme les protéines d’insectes.

 

La rétention logique des fermiers

Malgré une forte production qui aurait dû faire crouler les marchés sous le poids des stocks, d’autant qu’après les USA, Brésil et Argentine s’attendent à de très bonnes récoltes, les prix ne reflètent pas cette réalité physique. D’une part les difficultés logistiques imposées par des sorties rapides de gros volumes en concurrence avec le gaz de shiste qui mobilise les véhicules (USA), d’autre part les évolutions monétaires, comme les secousses que subissent les monnaies (ou que craignent les agriculteurs, comme en Argentine) se combinent avec la rétention chez les producteurs car la graine constitue souvent une sécurité : « un stock non liquide ne fait pas un prix bas » résume Anne Huitorel (Noble).  « Le poids du fermier est important dans le monde entier » renchérit Christian Baichère (InVivo) en parlant quant à lui du colza. « Les producteurs qui ont accumulé du cash ne sont pas vendeurs ».

Du côté des tourteaux, l’Argentine n’en produit plus et les triturateurs brésiliens sont en retard : jusqu’en mars, les USA gardent donc la main sur les prix. La volatilité est particulièrement forte tant en soja que pour les autres tourteaux.

 

Vers plus de soja européen ?

L’Europe avait mobilisé jusqu’à 674 000 ha pour le soja en 1998, un maximum qui s’est peu à peu érodé pour atteindre un point bas à 239 000 ha 10 ans plus tard explique Hubert Hebinger (Cetiom). Les surfaces remontent cependant depuis 2009 pour flirter avec les 600 000 ha l’an dernier.  Le potentiel européen atteindrait 3 millions d’hectares. L’Italie, premier producteur européen, affiche les meilleurs rendements de l’UE avec 3,7 t/ha. La Roumanie monte en puissance mais a l’habitude de cultiver du soja OGM contrairement à la Serbie ou la filière non OGM est bien en place. En France des initiatives se font jour dans les deux bassins historiques du Sud Ouest et de l’Est précise Françoise Labalette (Onidol).

 

Les insectes s’approchent des assiettes

1900 espèces d’insectes sont comestibles, dont quelques unes pourraient constituer des matières premières pour différentes espèces d’animaux d’élevage, des poissons aux monogastriques. Deux espèces sont mises en avant : la mouche soldat et la mouche domestique. « Il existe un projet ANR dont les résultats zootechniques devraient être disponibles en 2015 » précise Philippe Schmidely (AgroParisTech). Les rations des tilapia pourraient en compter jusqu’à 40%, et celles des volailles en intégrer 25 voire 30%. Le cadre règlementaire européen doit cependant évoluer pour rendre la consommation d’insectes possible en nutrition animale. Le substrat sur lequel ils grandissent devra aussi être approuvé par l’EFSA puis l’UE.

 

PAT : attention à la distorsion de concurrence

Pour Jean-Louis Hurel (SIFCO), 2013 a marqué une rupture avec l’accord européen du retour des Protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des poissons, possibilité que refusent non seulement le SIPA (syndicat des producteurs français) mais aussi les cahiers des charges de la grande distribution. La porte est cependant désormais ouverte et les producteurs d’aliments nord européens attendent le feu vert notamment pour le retour des farines de volailles en aliments pour porcs. Mais les tests certifiant l’absence d’ADN de ruminants dans les PAT ne sont pas encore disponibles. Les producteurs français de PAT trouvent actuellement leurs débouchés principaux en petfood et à l’export. La disponibilité potentielle reste donc aussi à valider.


Présentation Monsieur Guimbard.
Présentation de la journée.
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